St Eustache en histoire
Les premiers habitants de St Eustache venaient de Montréal et surtout de l'île Jésus qui n'avait déjà plus de bonnes terres à concéder sur son pourtour dès 1760. Entre 1755 à 1762, le seigneur Dumont concéda 59 terres. Les terres distribuées le furent d'abord au nord et au sud de la rivière du Chêne et dans le secteur du Chicot.
Le premier moulin à farine de la seigneurie fut construit en 1762 pour le seigneur Dumont. - connu aujourd'hui comme le moulin Légaré – Au moment de sa construction, plusieurs dizaines de terres avaient déjà été concédées. Avec la construction prochaine d'une église (1780-1783), un premier noyau de population allait se former entre ces deux pôles constitués justement par l'église et le moulin pour bientôt devenir la Grande Rue. En 1768, les habitants obtiennent de l'évêque de Québec la permission construire une première église. Elle fut érigée sur un terrain donné à la Fabrique de la Rivière du Chêne par le seigneur Louis Eustache Lambert Dumont. Il s'agit de cette pointe de terre où se trouvent toujours l'école Notre Dame, le vieux couvent transformé en mairie, l'église et le presbytère.
Avec la construction de l'église, les habitants de la seigneurie de la Rivière du Chêne, qui ont déjà un moulin à leur disposition et quelques commerces auprès desquels ils peuvent se procurer des biens essentiels, commencent à développer un sentiment d'appartenance. Au moment où se termine cette première grande période de l'histoire de Saint Eustache - désignée dans les premiers recensements comme la Rivière du Chêne - la population atteignait, en 1784, le grand total de 1 958 habitants.
Afin de faciliter les communications avec l'île Jésus et Montreal, le seigneur Nicolas Lambert Dumont entreprit, peu avant 1830, la construction d'un pont reliant Saint Eustache à l'île Jésus. Bouchette, qui est passé par Saint Eustache à cette époque, en souligne la construction. Il parle d'un "pont superbe à quatre arches franchissant la rivière Jésus".
Bataille des Patriotes
La journée du 14 décembre 1837 restera gravée à jamais dans les mémoires. En cette froide journée d'hiver, le docteur Jean-Olivier Chénier et une centaine de patriotes de Saint Eustache et des paroisses voisines se sont courageusement inclinés devant les 2 000 hommes du général Colborne. Barricadés dans l'église, le presbytère, le couvent, la maison seigneuriale ainsi que dans quelques résidences face à la grande place et le long de la grande rue, les compagnons de Chénier n'ont pu résister longtemps aux troupes de la reine Victoria. En moins de deux heures tout le village fut encerclé et devenait une proie facile. Entre le premier coup de canon tiré du chemin de la Grande Côte et le crépitement des dernières balles, il ne s'est même pas écoulé cinq heures.
Munis d'armes dérisoires et prisonniers dans leur propre forteresse les Patriotes étaient voués à une mort certaine. S'ils ne mouraient pas asphyxiés ou brûlés, ils tombaient sous les balles des militaires anglais ou des volontaires en tentant de retraiter. Ainsi sont morts pour une cause en laquelle ils croyaient de tout leur coeur Jean-Olivier Chénier, Joseph Paquet, Jean-Baptiste Lauzé, Nazaire Filion, Séraphin Doré, François Dubé, Joseph Guitard, Pierre Dubeau, Joseph Bonnet, Jean-Baptiste Toupin et Alexis Lachance. À ces hommes de Saint Eustache il faudrait en ajouter quelques dizaines d'autres dont leurs malheureux compagnons de Sainte Scholastique et d'autres paroisses.
Dans son Journal historique, le curé Paquin raconte ce qu'il a vu au lendemain de la bataille... "Toute la belle partie du village n'était plus qu'un amas de ruines fumantes où l'on trouvait ça et là des cadavres défigurés, sanglants, à demi brûlés. L'église était réduite en cendres... Le nombre des maisons brûlées s'élève à 60, à peu près les plus belles. Tout dans cette scène de désolation rappelait le carnage et la vengeance. Saint Eustache était tout en ruines et ses cendres fumaient encore, et cependant il y avait des gens assez barbares pour achever de détruire ce que le feu avait épargné. Des morceaux même de la cloche devinrent la proie de ces ravisseurs".
L'église fut reconstruite et, en 1851, avec 784 habitants et 148 chefs de famille répartis dans 128 maisons, Saint Eustache était le plus important village du comté s'affichant déjà comme le coeur de la région. On y compte 10 magasins, sept boutiques de charpentiers, six auberges, trois boulangeries et de nombreuses boutiques d'artisans. Mais il y a encore beaucoup plus de monde dans la campagne que dans le village. Ce ne sera qu'à compter de 1951 que la population du village - qui sera alors devenu ville - sera plus nombreuse que celle des rangs et des côtes.
La Ville de Saint Eustache est surtout connue par son héritage historique et son patrimoine architectural. La seigneurie des Mille-Îles est concédée d'abord en 1683 mais c'est seulement à partir de 1739 que les premiers colons commencent à s'y installer. Établie en 1768, la paroisse de Saint-Eustache devient vite l'une des plus peuplées du Bas Canada vers 1790. En 1837, le village de Saint Eustache est partiellement détruit suite à la rébellion des Patriotes. Érigée en municipalité civile en 1845, les années ont filé et confèrent aujourd'hui à Saint Eustache le rôle de ville-centre de la MRC de Deux Montagnes. Riche de son passé, la Ville de Saint Eustache est résolument tournée vers le futur.
Situation géographique
Saint Eustache, la ville la plus populeuse des Laurentides, est située à l'intérieur d'un triangle formé par les aéroports Montréal Trudeau et Mirabel, et par les villes de Laval et de Montréal. |